
Pourtant, dans cet univers sinistre et froid peut s’épanouir une fleur éphémère. Un grain de poussière divine égaré peut germer en enfer, le temps que les maîtres de lieux ne s’aperçoivent de l’erreur. Les méprises ne durent jamais longtemps. Les démons qui vivent dans ces repaires d’airain de béton et d’asphalte sont dénués de poésie et d’attention. Ils agissent tels des automates. Ils sont à l’image de leur monde : réglés par les rouages d’une machinerie complexe, soumis au rythme d’innombrables cadrans, d’aiguilles et de chiffres. Heures, minutes, secondes, listings, comptes. Le chiffre est roi, le chiffre annihile l’humanité. Le matin pressés, le soir éreintés. Tout un peuple privé d’émotions et d’imaginaire. Plus de temps à perdre pour le mystérieux et le fabuleux. Le fantastique ? Cela n’existe plus, pas même dans leurs pensées. Ils sont donc, pour la plupart, passés à côté d’un fugace instant de merveilleux.
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